Éditorial (du numéro 112, juin 2006)

Malgré les efforts de plusieurs, la problématique des ovnis reste une question tellement vaste et mal définie, qu’elle entraîne ceux qui tentent de l’aborder (voire d’y répondre) sur une multitude de pistes.

Nous avons toujours souhaité que Inforespace soit le juste reflet de cet éclectisme, de ce foisonnement d’idées, de théories, d’approches. Ce numéro ne déroge pas à notre ligne de conduite. Hors de tout esprit d’école, de toute idéologie, notre revue continue à vouloir être une tribune pour tous ceux qui ont des choses intéressantes à partager avec nos lecteurs.

Certains regretteront peut-être que nous laissions des « sceptiques » s’exprimer dans nos colonnes. D’autres nous reprocheront des textes trop engagés dans la défense de l’hypothèse extraterrestre ou celle d’un vaste complot mondial. Ce qui importe, c’est que le dialogue reste possible et qu’aucune exclusive sectaire ne soit prononcée.

Oser la rencontre des idées (surtout si certaines paraissent, a priori, incompatibles) n’est jamais un pari facile. Mais c’est le prix à payer pour une certaine liberté de pensée et peut-être celui d’une véritable explication des phénomènes discutés. Je suis assez de l’avis de l’épistémologue Paul Feyerabend qui prétendait qu’en matière de progrès des idées, « tout est bon » [anything goes].

Dans la vision anarchiste de Feyerabend, il faut considérer que c’est le pluralisme des théories et des conceptions métaphysiques qui est important, non seulement pour la méthodologie, mais aussi pour la perspective humaniste des sciences. Si l’unanimité peut convenir à certaines religions ou à des dictatures, elle n’a pas sa place en sciences. Accepter une ufologie plurielle, voilà qui est aussi le message que nous voulons faire passer.

Michel BOUGARD
Président.